Île Vierge : un site unique et un projet sans précédent

15/06/2020

Île Vierge : un site unique et un projet sans précédent

Dormir au pied d’un phare, sur une île battue par les vents et cernée par la mer : un rêve d’aventurier bientôt réalisable à la pointe bretonne. Le phare de l’Île Vierge, face à Lilia-Plouguerneau, est en chantier depuis octobre 2018. Un chantier complexe, sur un site isolé et classé, à l’accessibilité très aléatoire. BMa pilote ce projet inédit pour le compte de la Communauté de Commune du Pays des Abers (CCPA). De la rénovation de la cale et du môle, à la transformation de l’ancien habitat des gardiens en gîte, en passant par l’installation de panneaux solaires et de petites éoliennes : l’Île Vierge s’offre une deuxième jeunesse tout en gardant son charme d’antan. Un travail minutieux de restauration, d’innovation et d’inventivité pour développer son attractivité, mais aussi protéger le site naturel remarquable qui lui sert d’écrin.

Sauver une île et son phare : le complexe chantier de l’Île Vierge

C’est le plus grand phare en pierre du monde et le plus haut phare d’Europe : le phare de l’Île Vierge, du haut de ses 77 mètres, a vu se déverser les eaux de la mer et l’Histoire des hommes depuis plus d’un siècle. Mais, avec le temps, l’accès à l’île est menacé par le môle qui se creuse. Quant au bâti, il souffre des assauts des vagues et du vent. « C’est un site emblématique pour notre territoire, pointe Christian Calvez, président de la CCPA. Il accueille 13 000 visiteurs chaque année. Nous avons souhaité le rendre plus accessible et y créer un gîte patrimonial pour en développer l’attractivité. » « L’Île Vierge est un projet assez complexe et vraiment singulier, note Guillaume Conseil, chef de projet chez BMa. L’objet est un phare, bâtiment historique classé, placé sur une île isolée en mer… Et il comprend deux volets : la restauration d’un monument historique et un projet touristique. »

Un projet sans précédent

BMa se sent prêt à relever le défi de ce chantier hors norme. D’abord, concilier les différentes parties prenantes que sont l’État (propriétaire), le Conservatoire du Littoral (affectataire), la CCPA (gestionnaire), les Monuments historiques, le Ministère de l’environnement (site classé et Natura 2000). Commence alors un travail de préparation complexe et exigeant, comme le souligne Guillaume Conseil : « Il a fallu obtenir de nombreuses autorisations administratives très diverses, pas nécessairement prévues pour être articulées ensemble. Ce qui dénote encore une fois le caractère unique de ce projet. » « Sans compter que le secteur est très protégé : la flore, la nidification de certains oiseaux… Il y a eu beaucoup de précautions à prendre avant et pendant le chantier », complète Christian Calvez.

Après le volet administratif, la mise en œuvre du chantier a concerné en priorité le volet patrimonial afin de préserver l’île, le phare et le bâti. « Depuis plusieurs années, les ouvrages en pierre se détérioraient : des travaux très spécifiques ont été entrepris pour refaire les joints extérieurs puis injecter du ciment à l’intérieur du môle et de la cale », explique Guillaume Conseil. Parmi les autres rénovations entreprises, celle de l’ancien phare de 1845 ou encore des murs d’enclos. Le troisième volet du chantier, le volet touristique, a porté sur deux transformations : celle de la longère de l’île – ancienne base de vie créée lors de la construction du grand phare – en lieu d’accueil et d’exposition pour les visiteurs. Ensuite, le plus gros du chantier et aussi le plus spectaculaire, la transformation en gîte de l’ancienne maison du gardien. « Un hébergement pour 10 personnes, en autonomie totale, comme à l’époque des gardiens de phare, s’amuse Christian Calvez. L’électricité provient de panneaux photovoltaïques et de petites éoliennes, et l’eau de pluie alimente le logement. On reste seul face à la mer, sur une île coupée du continent… »

Un chantier capricieux

S’il a été compliqué à monter, ce projet l’a été encore davantage dans sa mise en œuvre. « L’accès des barges au site ne peut se faire que par temps calme et à marée haute, avec un fort coefficient », expose Guillaume Conseil. L’approvisionnement a été très difficile, surtout avec un hiver secoué par les tempêtes. « Les pelles de chantier sont restées bloquées sur l’île pendant 6 mois, on ne pouvait pas évacuer les gravats. Certaines entreprises ont choisi de rester sur place pour travailler et s’affranchir de ces contraintes. » Durant l’hiver, le chantier n’a progressé que de 30 % sur ce qui était prévu, « on a compté plus de 100 jours de gros temps ». Puis, dès le retour du soleil, c’est le confinement qui a bloqué les travaux. « Le Covid 19 a aussi imposé de nouvelles règles sur le chantier : 4 ouvriers peuvent loger en même temps dans la base vie installée sur l’ile, au lieu de 8 avant l’épidémie. » Malgré toutes les difficultés, le chantier a pu reprendre, et l’inauguration du gîte est prévue pour début 2021. « Ce projet n’aurait pas été possible sans assistance à la maîtrise d’ouvrage (AMO), reprend Christian Calvez. BMa est devenu notre représentant auprès des intervenants et s’est occupé de toute la gestion compliquée, ce qui a été très sécurisant pour nous. C’est vraiment une aventure extraordinaire. »

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