Île vierge : entretien avec Andrew Lincoln et Christian Calvez

29/06/2020

Île vierge : entretien avec Andrew Lincoln et Christian Calvez

Rénovation de l’Île Vierge : un enjeu touristique pour tout le territoire

Les travaux entrepris à l’Île Vierge visent non seulement à restaurer un site historique mais aussi à développer l’attractivité touristique du territoire. Un double enjeu stratégique et patrimonial, porté notamment par les élus de la Communauté de Communes du Pays des Abers (CCPA). Interview croisée de Christian Calvez, président sortant, et d’Andrew Lincoln, vice-président aux finances de la CCPA et conseiller municipal à la mairie de Plouguerneau.

Comment et pourquoi se lancer dans un chantier d’une telle envergure ?

 

Andrew Lincoln : Il ne s’agit pas seulement d’un gîte insolite, le projet va plus loin : c’est la partie visible de notre nouveau Schéma de Développement Touristique. Un audit réalisé en début de mandat a montré un déficit de notoriété du territoire, tout en confirmant l’atout extraordinaire que constituent l’Île Vierge et son phare le plus haut d’Europe ! Le phare nous permet de nous placer sur la carte touristique de la Bretagne. Je me souviens du jour de la présentation de l’étude : ce qui a le plus marqué le président, c’est une publicité normande vantant le phare de Gatteville, « Visitez le deuxième plus haut phare d’Europe ! »

Christian Calvez : Nous comptons beaucoup d’atouts touristiques mais nous avions du mal à les valoriser : nous réfléchissions à un site emblématique du Pays des Abers. Or, le phare et l’Île Vierge accueillent déjà plus de 12 000 visiteurs. C’est nous qui possédons le plus haut phare d’Europe, et le plus haut du monde en pierre de taille… Le voilà notre site emblématique ! Nous avons donc adopté un projet de territoire avec deux objectifs : faciliter l’accès des visiteurs à l’Île Vierge et créer un gîte patrimonial dans l’ancienne maison des gardiens, sous le petit phare.

Pourquoi le choix d’un gîte patrimonial ?

Andrew Lincoln : Depuis l’automatisation du phare, les gardiens ont quitté le site en 2010. Or, la bâtisse souffre de ne plus être habitée. Nous avons débattu sur l’utilisation possible de cette maison : une extension de l’écomusée de Plouguerneau a été évoquée. Mais le facteur décisif a été le modèle économique choisi : celui d’un équipement touristique en équilibre financier pour son fonctionnement. Et puis, le Conservatoire du Littoral, affectataire de l’Île Vierge depuis le départ des Phares et Balises, avait un projet original : un réseau de gîtes patrimoniaux dans leurs bâtis.

Christian Calvez : Le projet de réseau de gîte patrimonial a été appuyé par la Région, et il allait dans le sens de notre programme de valorisation touristique. Sur près de 4 M€ de travaux prévus, nous avons visé 70 à 75 % de subventions (État, région, Département…), avec un solde financé par la CCPA (70 %) et la commune de Plouguerneau (30 %). Car c’est tout le Pays des Abers qui va bénéficier de ces aménagements. Le fonctionnement du gîte, géré par l’Office de Tourisme, a donc été conçu pour s’autofinancer : les revenus générés par la location permettront d’en assurer l’entretien. Aucune dépense ne devait être imputée aux contribuables.

Pourquoi avoir fait appel à BMa pour gérer ce chantier ?

Christian Calvez : Nous avions besoin d’une équipe de maîtrise d’œuvre solide : c’est l’architecte des Monuments historiques qui a assuré le suivi et les relations aux entreprises. Mais il nous fallait également une assistance à maîtrise d’ouvrage : des compétences techniques, administratives, financières et juridiques que la CCPA peut mettre en œuvre pour des petits projets, mais pas pour des chantiers de cette échelle et d’une telle complexité. Nous avions déjà travaillé avec BMa pour l’aménagement du port de l’Aber Wrac’h et nous en étions pleinement satisfaits. Sans BMa, ce chantier n’aurait pas été possible.

Andrew Lincoln : C’est un projet exceptionnel. Le montage administratif a été ardu : BMa nous a aidés à le gérer, il nous a fallu 7 autorisations différentes ! Le site est classé, dans une zone Natura 2000, au titre des Monuments historiques… BMa dispose d’une solide expérience dans le pilotage de grands programmes : naviguer à travers les autorisations nécessaires, s’occuper de la planification financière, préparer les marchés, négocier avec les entreprises, mettre en place le calendrier des travaux et assurer le suivi du chantier. Aujourd’hui, BMa travaille même à calculer l’impact financier du Covid.

Lire l’article : Île Vierge : un site unique et un projet sans précédent

Ile Vierge by BMa