L’énergie : un enjeu d’avenir, rencontre avec Fred Calvez Ener’gence

20/08/2020

L’énergie : un enjeu d’avenir, rencontre avec Fred Calvez Ener’gence

La commune de Saint-Pabu s’est engagée dans la maîtrise de ses dépenses en énergies. Dernier chantier en date, une école à énergie positive. Transition énergétique, économie, sobriété et innovation : Fred Calvez, chargé de mission énergie-entreprise, chez Ener’gence, accompagne les collectivités dans leur démarche de performance énergétique.

Qu’est-ce qu’Ener’gence et depuis quand collaborez-vous avec la commune de Saint-Pabu ?
Nous sommes l’agence locale du climat et de l’énergie sur le Pays de Brest. Nos missions sont le conseil en économies d’énergie et en énergies renouvelables auprès du grand public, du public énergétiquement précaire, des collectivités et des entreprises. Avec Saint-Pabu, nous collaborons depuis 2012, date de l’engagement de la commune au service de conseil en énergie partagé d’Ener’gence. Nous l’aidons à connaître et contrôler sa consommation, à optimiser ses contrats, nous faisons des recommandations lors de travaux, etc.

Comment êtes-vous intervenu sur le projet de construction de la nouvelle école ?
Dans notre mission de conseil en énergie partagé, la mairie m’a demandé d’accompagner BMa, maître d’ouvrage délégué, pour que la conception réponde aux critères environnementaux et énergétiques. Il fallait notamment prendre en compte l’énergie nécessaire à la fabrication des matériaux choisis. J’ai participé à l’élaboration du programme, en amont et jusqu’au dépôt de permis de construire, durant le suivi des études et les demandes de financement, afin de rentrer dans des normes chiffrées mais aussi de trouver les solutions techniques et économiquement pertinentes. Nous avons eu quelques débats : sur le choix de l’isolation entre la ouate de cellulose, avec un moindre impact carbone, et la laine de bois, ou encore sur le type de chauffage le mieux adapté…

L’école participe à l’expérimentation E+C- : de quoi s’agit-il ?
C’est un principe simple : « énergie positive » et « réduction carbone », qui préfigure la future réglementation RE2020. Aujourd’hui, les nouveaux bâtiments sont tellement performants qu’on ne se base plus uniquement sur leur consommation énergétique à l’usage, mais aussi sur celle nécessaire tout au long de leur cycle de vie (50 ans) ! On prend en compte le coût énergétique de la construction : un bâtiment béton sera plus coûteux qu’un bâtiment en bois. Dans le cadre de l’expérimentation, le projet a pu bénéficier de l’observatoire Énergie carbone en Bretagne et d’un accompagnement supplémentaire. En outre, ce programme, conçu pour produire plus qu’il ne consomme, est lauréat de l’appel à projets Bâtiments performants de l’Ademe et de la Région Bretagne, dont nous avons monté le dossier administratif.

Quels sont alors les résultats de cette démarche ?
L’école affiche un score E4C1. Avec E4, elle obtient la note maximale : le bâtiment produit plus d’énergie que ce qu’il consomme. Un résultat réalisé grâce à plusieurs choix : une très bonne isolation, des LED pour l’éclairage, une ventilation double flux, des panneaux photovoltaïques, un chauffage à granulés de bois. D’ailleurs, la même chaudière chauffe la salle multi-activités. C1 est un bon résultat, mais pas maximum (C2), sur le volet des émissions de gaz à effet de serre. Il est rendu possible par le choix de matériaux moins énergivores et/ou biosourcés : le bois pour la structure, l’isolation et les menuiseries, un pan de toiture en chaume, une cour paysagée et moins bitumée, un dépose minute plutôt que des places de parking… Ce volet prend même en compte la gestion des flux ! Il impose une vision globale de l’impact du bâtiment et de son usage.

En savoir + : www.energence.net

 Chiffres clés :
. Surface plancher : 916 m²
. Capacité d’accueil : 130 personnes
. Matériaux : ossature bois (62 m3), toiture chaume (101 m3), isolation laine de bois (472 m3)
. Étanchéité à l’air : objectif de Q4 ≤ 0,6 m3/ (h.m2)
. Équipements techniques : chaudière bois granulés (55 kW), régulation pièce par pièce, ventilation double flux, luminaires LED gradables
. Production d’énergie : centrale photovoltaïque de 30,6 kWc (≈170 m² de panneaux)
. Bâtiment biosourcé : niveau 3 du Label biosourcé, niveau le plus élevé

Coût et financement
– Coût de la construction : 1 634 000 € HT soit 1 784 € HT/m²
– Subventions :
. État : 135 000 €
. Pays de Brest et Région : 100 000 €
. ADEME et Région : 78 000 € au titre de l’appel à projets « Bâtiments performants »
. Tiers Financeur : SDEF : 39 000 € pour l’installation photovoltaïque

L’investissement complémentaire de 163 000 € pour atteindre le niveau E4 est compensé par les économies générées sur 50 ans : 435 000 € par rapport à une construction RT 2012, soit 11 % d’économies.