La Catiche : l’habitat partagé à Fontaine Margot

09/02/2021

La Catiche : l’habitat partagé à Fontaine Margot

Cinq foyers se partagent près de 2 000 m² dans le quartier de la Fontaine Margot à Brest. Plus qu’un terrain, ces familles ont choisi de partager des valeurs d’entraide, de confiance et de convivialité. Entrés dans leurs murs en juin 2019, les habitants vivent aujourd’hui leur projet collectif d’un habitat différent, mutualisé et concerté.

Un éco-habitat groupé, soucieux de limiter son empreinte et de favoriser les rencontres et l’entraide : La Catiche des Villes est née en 2012, suite à l’appel à manifestation de Brest métropole. Après plusieurs années de concertation, de recherche de terrains et de montage du projet, c’est finalement à la Fontaine Margot que les participants ont choisi d’installer leur habitat partagé. Les explications de Marion J., l’une des habitantes.

Comment est née La Catiche des Villes ?

C’est sur l’initiative de Brest métropole qui a rassemblé les personnes intéressées dans des ateliers afin de faire émerger les projets d’habitats partagés sur le territoire. À ce jour, seul celui de la Catiche des Villes a été concrétisé, avec deux foyers présents dès le départ. Pendant un an, Brest métropole et BMa nous ont accompagnés et proposé des terrains disponibles. Avec l’aide d’une conceptrice d’éco-habitat, nous avons finalement sélectionné celui de la Fontaine Margot qui présentait la bonne orientation pour notre ambition de maisons passives. Grâce à la réserve foncière réalisée par BMa, le terrain a été mis de côté le temps de faire aboutir le projet et d’étoffer le groupe. Aujourd’hui, nous sommes 5 foyers vivant sur ce terrain de 1 900 m², et nous disposons encore d’une réserve de 620 m² pour accueillir d’autres foyers.

Qu’est-ce qui vous fédère tous dans ce projet d’habitat partagé ?

Nous nous retrouvons autour de valeurs – écologie, solidarité, convivialité, partage – et d’un fonctionnement démocratique. Au départ, il s’agit davantage d’une aventure humaine que d’un projet immobilier : une façon nouvelle de vivre et d’habiter ensemble. Nous avons même édicté la charte de la Catiche autour de ces valeurs, mais aussi de l’innovation dans la construction, d’une ouverture sur le quartier, du lien avec la ville. Et nos choix constructifs et architecturaux vont dans ce sens : nous habitons des maisons passives, c’est-à-dire sans chauffage mais très bien isolées, avec une orientation des baies vitrées au sud. Les maisons sont presque mitoyennes, ce qui permet d’une part de réduire l’implantation au sol de l’ensemble, et d’autre part, d’améliorer la performance énergétique des maisons. Pour le gros œuvre comme pour les finitions, nous avons privilégié tant que possible des matériaux biosourcés et locaux. Beaucoup de bois et peu de béton. Et pour les parties communes et le jardin, le plus possible de récup’ et aucun produit phytosanitaire. Notre consommation énergétique s’en retrouve maîtrisée et nos maisons sont très agréables à vivre.

Comment fonctionne la Catiche ?

Nous avons passé beaucoup de temps en réunion, ensemble, pour réfléchir à notre forme juridique, notre organisation, etc. Nous avons opté pour une copropriété horizontale : chacun construit selon ses moyens, mais nous disposons tous du même droit de vote. Nous sommes chacun propriétaire d’une maison individuelle, et nous partageons le terrain et des parties communes : une buanderie, un atelier de bricolage, un local à vélo, une terrasse, un potager… Nous prévoyons aussi de construire un autre espace commun mais ouvert à tout le quartier pour accueillir des réunions, des événements.

Concrètement, c’est comment l’habitat partagé au quotidien ?

Nous sommes 9 adultes et 9 enfants de 0 à 17 ans. On s’entraide au quotidien : pour aller à l’école, on fait du covoiturage par exemple. On passe des moments conviviaux, on mutualise nos véhicules (voitures, vélos…) et certains biens (outils, machines, jeux…), on organise des gardes d’enfants si nécessaire, on se soutient. Mais à l’usage, on se rend compte de la réalité : on ne pourra jamais être tous toujours d’accord. Il faut savoir accepter les divergences, tolérer et laisser les autres faire différemment de nous. C’est aussi ce qui est intéressant, cet aspect empirique du projet : on apprend et on ajuste au fur et à mesure.

En savoir + : www.facebook.com/lacatichedesvilles